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LES ORIGINES DU TAEKWONDO

Le Taekwondo est un art martial originaire de Corée, codifié dans sa version moderne dans les années 1950. Mais ses origines remontent à l’antiquité, époque où les sociétés tribales s’affrontaient sans armes à feu. L’histoire du Taekwondo est intimement liée à la situation de la Corée, petite péninsule ceinturée de la gigantesque Chine et du puissant Japon, qui a du constamment lutter pour exister. De même, les techniques du Taekwondo ont sans doute été influencées par les arts martiaux chinois et japonais, tant ces derniers étaient actifs en matière d’innovations, d’arts et de commerce.

Royaumes et Dynasties

Des fouilles archéologiques en 1935 ont permis de mettre en évidence l’existence d’arts guerriers dans la péninsule coréenne dés l’époque du royaume de Koguryo (37 avant J.C. jusqu’à 668). Des fresques retrouvées près de Pyongyang (Corée du Nord) sur un tombeau royal du 6ème siècle, illustrent en effet des méthodes de combat. A cette époque, la Corée était divisée en 3 royaumes qui s’affrontaient régulièrement. Au Nord, se trouvait le royaume de Koguryo, au Sud-Ouest, le royaume de Baekjae, et au Sud-Est, le royaume de Sylla.


Le puissant royaume de Koguryo a initié la pratique des arts martiaux en développant un corps militaire redoutable nommé Sunbae. Dans ce royaume, les joutes martiales se multiplient et deviennent source de distraction et outils de promotion sociale ; les meilleurs combattants pouvant intégrer le corps militaire d’élite. Lors des joutes, sont pratiquées le maniement de l’épée, le tir à l’arc, l’art de la monte à cheval et bien sûr le combat à mains nues.

Afin de repousser les tentatives d’invasions et de pirateries japonaises, les royaumes de Koguryo et de Sylla ont unis leurs forces. Ainsi la tradition martiale s’est introduite progressivement dans le royaume de Sylla. On y pratiquait notamment le « Subak », technique de projection et de déséquilibre ainsi que le « Taekyon », technique de frappe avec les pieds et les poings.


L’intensification de la pratique des arts martiaux au sein du royaume de Sylla est telle qu’un mouvement martial et culturel nommé Hwarangdo se créé. Le Hwarangdo n’est pas seulement une méthode de combat, mais aussi un art de vivre bouddhique visant l’harmonie, la beauté et la perfection. Les Hwarangs s’appuyaient sur un code d’honneur marqué par la loyauté et le courage comparable à ce qui se passe à la même époque en Europe occidentale avec la chevalerie médiévale. La puissance des Hwarangs impressionne la Chine, qui pacifie ses relations, et réunifie la péninsule coréenne en un seul royaume nommé Sylla (668 à 935). L’intégration des traditions chinoises et l’adoption du bouddhisme ont marqué l’époque du royaume de Sylla.

Le royaume de Koryo (935 - 1392), succédant au royaume de Sylla, correspond à l’apogée des arts martiaux. L’art du combat autrefois réservé aux militaires et aux moines se popularise au fur et à mesure que la péninsule se pacifie et se réunifie. Le Tangsudo, d’origine chinoise, vient aussi se mêler aux arts martiaux purement coréens comme le Subak et le Taekyon.

Sous la dynastie YI (1392 - 1910), la péninsule coréenne doit faire face aux invasions japonaises du XVIème siècle puis reconnaître la suzeraineté de la Chine des Qings au XVII ème siècle. Durant cette période particulièrement agressive pour la Corée, s’établit un manuel nommé « Muye Dobo Tonji ». Il décrit les postures et les techniques de combat du Taekyon et du Subak. Grace à ce document, les arts guerriers coréens ne sont plus un savoir transmis uniquement de manière orale.

 

La dynastie Yi accordant finalement plus de valeurs aux arts culturels et le développement des armes à feu ont contribués au déclin des arts martiaux coréens, réduits progressivement à une fonction ludique.

L’occupation japonaise

L’ère Meiji au Japon (1868-1912) amorce l’expansion japonaise. La dynastie YI doit reconnaître l'annexion en 1910. La colonisation japonaise se traduit par une violente répression sur les coréens résistants. La langue nippone est imposée dans les lieux publics, les coréens doivent adopter des patronymes japonais et tous les grands symboles de la nation coréenne sont partiellement voir totalement détruits. Les arts martiaux n’échappent pas à la règle du colonialisme japonais. La pratique du Taekyon est interdite et parallèlement les Karaté, Judo et Kendo sont introduits.

Des Kwans au Tae Kwon Do

En 1945, les armées américaines viennent libérer la Corée qui cherche alors à promouvoir sa culture originelle. La pratique des arts martiaux traditionnels coréens refleurit mais sous différents styles ou écoles appelées « Kwans ». Le Chung Do Kwan, le Ji Do Kwan, le Mou Dok Kwan et le Sang Mou Kwan étaient les plus réputés. Song Dok Ki, maître de Taekyon réalisa une démonstration de ses techniques devant le président de la république coréenne. Ce dernier impressionné pense qu’un art martial totalement coréen, hérité du Subak et du Taekyon, peut contribuer à la reconstruction de l’identité nationale. Les maîtres fondateurs des « Kwans » ont aussi compris que la promotion des arts martiaux coréens passerait par l’unification en une seule discipline dotée d’une appellation purement coréenne. Après la guerre de Corée (1950-1953), les maîtres des « Kwans » décident d’attribuer aux arts martiaux coréens une appellation commune : le Tae Kwon Do (La voie des Pieds et des Poings – réunion du 11 avril 1955 présidée par le général Choi Hong Hi) en référence à son ancêtre Taekyon. Le Président Park Chung Hi donna la calligraphie du Taekwondo et le proclama Sport National en 1971. Le Docteur Kim Young Ho fonda en 1972 le « Kukkiwon », palais national des sports à Séoul et siège de la Fédération Mondiale du Taekwondo.